Constituée de collectivités de taille et de typologie variées, de zones agricoles ainsi que d’étendues naturelles, la France rurale est riche d’éléments patrimoniaux qui entretiennent pour la plupart un lien consubstantiel avec l’histoire et l’environnement des territoires sur lesquels ils se trouvent, contribuant fortement à leur identité et à leur attractivité. Matériels ou immatériels, ces patrimoines de proximité s’inscrivent fortement dans le quotidien des habitants : l’église du village, la halle, la mairie, le château, le musée, les archives communales… mais aussi les fêtes, les pratiques sociales et les savoir-faire traditionnels.
Le ministère de la Culture a lancé l’année dernière un grand Plan culture et ruralité au sein duquel le secteur patrimonial joue un rôle majeur.
Si l’identification, la préservation, la valorisation et la transmission de cette richesse culturelle s’inscrivent dans le contexte général, tant législatif que réglementaire, de la gestion du patrimoine en France, elles n’en présentent pas moins des aspects singuliers et des problématiques spécifiques donnant lieu à des modes opératoires originaux qui ont été discutés durant ces trois journées.
Avec son collègue Emmanuel Moureau, Conservateur des antiquités et objets d’art de Tarn-et-Garonne, président de l’Association des conservateurs des antiquités et objets d’art de France, Isabelle Darnas a présenté « la gestion du patrimoine mobilier en zone rurale : recensement et gestion préventive ».
« La collectivité départementale est en permanence sollicitée en appui des communes du territoire, a expliqué la Conservatrice lozérienne. Elle s’est dotée d’une conservation du patrimoine culturel en 2001 axée dès l’origine sur la gestion du patrimoine mobilier. En effet, à la suite d’un inventaire systématique des biens des communes, toutes rurales en l’occurrence, le constat est sans appel : les objets se dégradent inexorablement. Il fallait donc agir si l’on voulait les conserver. En parallèle de l’inventaire patrimonial a été mise en place une politique, à la fois curative et préventive, pour aider les communes propriétaires à stopper ces dégradations, avec des financements conjoints, Drac Occitanie et Département. Ce travail systématique, sur plus de 20 ans maintenant, permet d’avoir un regard critique sur ces opérations. Environ 150 édifices religieux (églises et temples) ont fait l’objet d’une intervention, sur les 200 que compte le territoire : les efforts conjugués de l’État et du Département ont permis, avec des financements relativement modestes, de garantir la pérennité de la plus grande partie des objets pour les années à venir, même si nous sommes bien conscients que le travail ne s’arrête pas là si l’on veut s’assurer de leur devenir. »
A l’issue de ces trois journées de travail, Isabelle Darnas commentait : « La Lozère a été régulièrement citée dans les interventions grâce à sa dynamique patrimoniale. Et j’ai été très satisfaite, lors de la conclusion, de constater que Denis Grandjean, vice-président de l’Association des biens français du patrimoine mondial et membre de la Commission nationale du patrimoine et de l’architecture, reconnaissait alors qu’il avait toujours pensé le contraire, que le Département était une strate essentielle pour la conservation du patrimoine. »