Ce mardi 15 juillet, était lancé à l’Hôtel du Département de Mende l’événement culturel de l’été en Lozère : la création d’"Elise, la colère de Dieu", pièce écrite par Lionnel Astier, suite de "La Nuit des camisards", donnée il y a une dizaine d’années dans les Cévennes .
Le spectacle, monté par Zinc Théâtre, est soutenu par les Départements du Gard et Alès Agglomération. « En Lozère, nous avons souhaité, quelque chose de collaboratif, avec une prise de risque assumée en grande partie par le Conseil départemental, explique Laurent Suau, le Président du Département. Nous avions au départ écrit à toutes les collectivités pour avoir un maximum de dates. Cette idée de partenariat avec les communes ou les associations nous parle beaucoup. Ce sont finalement sept dates sur les 19 qui auront lieu chez nous, et pas seulement en Cévennes puisqu’il y a aussi Mende et Saint-Chély-d’Apcher. »
« Je voudrais remercier le Département de la Lozère, insiste Gilbert Rouvière, le producteur et metteur en scène. Nous montons ce projet avec deux Départements, le Gard et la Lozère et l’Agglo d’Alès. Que ces trois collectivités, à l’heure où l’État est de plus en plus absent pour la culture, s’engagent avec leurs partenaires, des communes ou des association, sur un projet avec 22 personnes en tournée, ce n’est pas rien. Ce positionnement est très important. »
« Il est compliqué pour certaines personnes d’aller au théâtre, complète avec enthousiasme Dominique Astier, présidente de l’association Théâtre en forêt qui accompagne la création et propose un avant spectacle avec une conférence sur l’histoire et la présence d’une librairie. Elles ne s’y sentent pas légitimes. Il est important, dans ce contexte, de saluer et remercier l’engagement des collectivités pour proposer un « aller vers » le théâtre, vers cette pièce qui est elle-même engagée, où les femmes sont combatives. Il faut aussi remercier le bénévolat sans qui rien ne serait possible. Un bénévolat qui est déjà à pied d’oeuvre pour préparer les parkings, l’accueil… »
L’équipe du Zinc théâtre, après une résidence au théâtre des Franciscains de Béziers, finalise actuellement son travail à Florac, où la première aura lieu, le vendredi 18 juillet prochain. Pour chaque spectacle, quelque 500 spectateurs sont attendus pour vivre une expérience « magique », comme la qualifient beaucoup de ceux qui ont déjà vu "La Nuit des camisards". « On va au spectacle dans un contexte particulier : de nuit, dans la nature, après un parcours initiatique, indique Laurent Suau qui fut spectateur de « La Nuit des camisards », sur le causse de Mende en 2016. Ca laisse forcément un souvenir et on n’a pas besoin d’être protestant pour le vivre, il y a une atmosphère. »
« Ca a quand même de la gueule, en pleine forêt, commente de son côté Gilbert rouvière après un premier filage, le 14 juillet au soir à La Germaine, à Florac. La Nature est véritablement un personnage de plus. Et, jouer comme cela, en extérieur avec l’ensemble de l’équipe, les comédiens, la costumière, moi-même qui se retrouvent à un moment donné au plateau, c’est extrêmement physique. Dans ce sens aussi, le spectacle est engagé. »
Les spectateurs seront accueillis sur les sites des représentations dès 19 h (17 h 30 à Champdomergue). Ils pourront se restaurer sur place, écouter une conférence avec soit Lionnel Astier lui-même soit un historien (Philippe Chambon à Meyrueis, Patrick Cabanel à Saint-Germain-de-Calberte ou Jacques Maudouy à Vebron), faire dédicacer les deux pièces par leur auteur avec la présence d’une librairie chaque soir (La Livreraie à Florac et Mende, le Rouge et le Noir à Saint-Chély-d’Apcher, Calvin pour les autres soirées)…
Vers 21 h 30, le public sera regroupé et emmené par les comédiens sur le lieu du spectacle dans un petit parcours de quelques centaines de mètres. Une fois arrivé en clairière, chacun trouvera une place naturelle (prévoir un petit coussin ou un siège pliant) pour suivre le spectacle (durée environ 1 h 30).
« Quand on a fini "la Nuit des camisards" en 2018, l’actualité nous avait rattrapés. Malheureusement, explique l’auteur Lionnel Astier. Là, dans "Elise, la colère de Dieu", la résonance avec l’actualité, je l’assume totalement. On est dans la guerre, dans une espèce d’incertitude qui est aussi la nôtre aujourd’hui. Tous les personnages, sauf un, sont en colère. On est dans un chaos. "Elise" n’est pas seulement une suite, elle a cette résonance assumée. Cette pièce ne s’est pas écrite facilement : ce n’est pas compliqué d’écrire une histoire, c’est de la mettre en théâtre qui l’est. »
Le contexte historique
« Historiquement, l’incident déclencheur, c’est la révocation de l’Edit de Nantes par Louis XIV. En le rendant inutile, dans l’espoir d’obtenir des conversions, explique Lionnel Astier, l’auteur de la pièce. En vain. Une persécution (démolition des temples et interdiction des rassemblements) se met alors en place qui va terroriser les protestants qui vont finalement se convertir en masse. Mais, les forces du roi se moquent des signatures de conversion. Ils ont espoir de voir la seconde génération être de bons catholiques. L’espoir, ce sont donc les enfants, ceux-là même qui vont pourtant devenir camisards.
Interdit, le culte devient secret et se pratique en famille, avec les amis et les voisins. Puis, on part « au désert » avec le risque des galères pour les hommes, de la prison pour les femmes. Les enfants reçoivent une double éducation : catholique le jour, protestante la nuit. Elise veut donner à ses enfants la religion de leurs aieux. Mais en faisant cela, elle en fait des hommes en colère. Ils vont se battre pour leur liberté perdue, celle d’exercer leur foi comme ils l’entendent. Elle a perdu son mari et son fils aîné, un des autres fils vient d’être emprisonné. Elle décide, de façon déraisonnable, de le sauver avec cette idée qu’il est hors de question qu’elle survive à ses enfants. »
Les sites d’accueil
Florac : La Germaine, route du causse. Site inaccessible en voiture.
Navettes à partir du parking Châtemale entre 17 h 30 et 20 h 45 en flux
continu selon l'affluence. Elles seront bien évidemment également
disponibles après le spectacle pour assurer la redescente des spectateurs.
Saint-Chély-d’Apcher : Esat de Civergols, parking fléché sur place.
Mende : causse de Mende, RV à l’entrée de Dinopedia
Saint-Germain-de-Calberte : Le Serre de la Can
Meyrueis : château de Roquedols
Vebron : col des Faïsses sur la RD9
Saint-Privat-de-Vallongue : Champdomergue, col de Cheyviel, RD 29
Ouverture des sites à 19 h (17 h 30 pour Champdomergue). Restauration
possible sur place (foodtrucks ou autre), buvette et librairie.
Conférence
A 19 h 45 (18 h 30 pour Champdomergue) : conférence gratuite avec
l’association Théâtre en forêt.
Un historien ou Lionnel Astier, l’auteur de la pièce, expose l’une des
thématiques du spectacle.
Le 18 juillet à Florac, une heure avec Lionnel Astier (librairie La Livreraie
de Mende)
Le 20 juillet à Saint-Chély-d’Apcher, une heure avec Lionnel Astier (librairie
Le Rouge et le Noir de Saint-Chély)
Le 22 juillet à Mende, une heure avec Lionnel Astier ((librairie La Livreraie
de Mende)
Le 23 juillet à Saint-Germain-de-Calberte, rencontre avec Patrick Cabanel :
« A quoi a servi la guerre des camisards »
Le 3 août à Meyrueis, rencontre avec Philippe Chambon : « Les camisards »
Le 4 août à Vebron, rencontre avec Jacques Mauduy : « Nabuchodonosor,
Louis XIV, Ferdinand 1er d’Autriche, tous pharaons à Babylone »
Le 11 août à Champdomergue, une heure avec Lionnel Astier
Le spectacle
21 h 15 / 21 h 30 : Rassemblement du public pour le départ du spectacle. A la
tombée de la nuit, spectacle (durée prévue : 1 h 30).
Recommandations
Pensez à prendre des chaussures de marche confortables, vêtements
chauds, un coussin (ou un siège pliant) et une lampe de poche !
Billetterie : https://elise-lacolerededieu.com ou sur place le soir des spectacles.
Tarif : 25 €